Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les  bases  du  dessin ... et  de  la  peinture

APPROCHE et CONTRASTES des COULEURS

8 Septembre 2007 , Rédigé par JAIME Publié dans #abc-peinture

Vous trouverez ci-dessous mon résumé concernant la démarche et les critères à respecter pour obtenir les meilleurs résultats d’une peinture « équilibrée » … certains disent harmonieuse. Ce résumé concernant les 7 contrastes de couleurs est un condensé d’un livre écrit par ITTEN.  Nota : Johannes Itten, est né le 11 novembre 1888 et mort le 25 mars 1967 à Zurich. Il fut l'un des professeurs du Bauhaus de 1919 à 1923. Il prit dès son arrivée une influence majeure sur l'enseignement de cette institution. Il y enseigna plus particulièrement une théorie des couleurs. 
Au sujet des problèmes de couleurs, ITTEN considère qu’il y a 3 groupes de peintres :
- 
les EPIGONES qui n’ont pas de couleurs personnelles,
- 
les ORIGINAUX qui peignent « comme ils sont eux-mêmes » et composent suivant leur accord subjectif* et intuition personnelle,
- l
es UNIVERSELS qui composent suivant un point de vue largement objectif. Selon le thème représenté ils auront une expression colorée différente. 

* Nota : Lorsqu’on trouve un groupement de couleurs harmonieux, c’est notre impression subjective et individuelle qui s’exprime. C’est la transposition de nos couleurs subjectives qui finalement sont le plus souvent utilisées pour la réalisation de nos peintures. Les accords de couleurs subjectifs peuvent renseigner sur « l’intérieur » de l’individu, sa façon de penser et d’agir.

Les 7 contrastes de couleurs

REMARQUES : Des exemples de grands peintres viennent illustrer les différents contrastes. Ne tenez pas compte de la qualité de ceux-ci. En effet, j’ai scanné certaines des images (assez petites) … ce qui ne permet pas d’avoir une bonne qualité d’image et rend visible la pixellisation. Par contre, pour mes compositions colorées, j’ai utilisé un logiciel de dessin "Corel » ce qui donne des représentations avec des couleurs beaucoup plus réelles.

 1°) LE CONTRASTE DE LA COULEUR EN SOI
Ce contraste existe au maximum lorsque les 3 couleurs primaires pures sont utilisées. Plus on s’éloigne des couleurs primaires plus le contraste diminue. Ici, j’ai représenté les 3 couleurs primaires : le rouge, le jaune et le bleu (voir complément ci-dessous)

COULEUR-EN-SOI.jpg

Complément : Pour couper court à la guerre de certains spécialistes, apprenez que 2 « systèmes » sont admis :
- ci-contre à gauche, le système soustractif utilisé en imprimerie (primaires = cyan-magenta-jaune,
- à droite, le sytème soustractif classique adopté généralement en peinture artistique.
Dans ce cas la plage du magenta est déporté au profit du rouge, ce qui donne deux complémentaires différentes par rapport à l'imprimerie : orange devient la complémentaire du bleu et le violet la complémentaire du jaune.

 

IMPRIMERIE-PEINTURE.jpg

 

 

 

 
 

 Exemple de contraste de la couleur en soi : Broadway boogie-woogie de PIET MONDRIAN
Ces lignes perpendiculaires de couleurs pures sur fond blanc uniforme sont ici des surfaces plus petites qu’au début de sa carrière. Le rythme de la composition a aussi changé. On retrouve les couleurs primaires pures.

 


MONDRIAN.jpg 

 2°) LE CONTRASTE CLAIR OBSCUR
Ce contraste existe au maximum entre le blanc et le noir. Mais il s’applique aussi lors de l'utilisation des différentes couleurs selon les valeurs de tons. Toutes les couleurs peuvent être éclaircies par le blanc et obscurcies par le noir.
Ci-contre, vous trouverez mon exemple sur lequel l’intensité des couleurs augmente du haut vers le bas. Les différentes intensités sont séparées par des lignes horizontales dont l’intensité diminue du haut vers le bas. Au milieu, vous trouverez ainsi un gris moyen.

 

 

COULEURS-CLAIRES-OBSCURES.jpg

 

COULEUR CLAIR OBSCUR

 

Exemple du contraste clair-obscur :

L’aveugle de PABLO PICASSO
Ce tableau de la « période bleue » est peint dans des tonalités claires-obscures.
Je suppose … compte tenu du sujet, que PICASSO a volontairement utilisé des couleurs claires pour souligner les 2 sens par lesquels cet aveugle accède au monde. Sa vue défaillante est compensée par le toucher.

PICASSO.jpg

 3°) LE CONTRASTE CHAUD-FROID
La couleur la plus chaude du cercle chromatique est le ROUGE-ORANGE., et la plus froide le BLEU-VERT. Toutes les autres couleurs apparaissent froides ou chaudes selon qu’elles sont placées à coté d’autres tons chauds ou froids.

Ce contraste chaud-froid doit surtout être mis en œuvre dans les représentations de perspectives atmosphériques : les tons chauds sur le devant, les tons plus froids vers l’arrière plan.

Ci-contre exemple : Solidité du brouillard de LUIGI RUSSOLO
2 couleurs, l’une chaude, l’autre froide, sont utilisées pour cette représentation.

 

RUSSOLO.jpg

4°) LE CONTRASTE DES COMPLÉMENTAIRES
Pour construire ce cercle chromatique, j’ai reportez les 3 couleurs PRIMAIRES marquées P : le JAUNE, le ROUGE et le BLEU.
Le mélange de 2 P donne les couleurs SECONDAIRES marquées S, par exemple JAUNE + BLEU = VERT.
La couleur qui n’est pas prise dans ce mélange et qui se situe à l’opposé du vert est la couleur complémentaire, à savoir le ROUGE.
Nota : PRIMAIRE = 1 couleur, SECONDAIRE (2) = mélange de 2 primaires et TERTIAIRE (3) = mélange de 3 couleurs primaires ou 1 couleur secondaire + 1 couleur primaire. Ainsi, l’orangé est une couleur secondaire mais aussi la couleur complémentaire du bleu. Les couleurs intermédiaires, par exemple le vert clair a été obtenu en mélangeant les 2 couleurs adjacentes : le jaune et le vert foncé.
Nota : Lorsqu'en mélangeant 2 couleurs complémentaires vous ne trouvez pas de gris, cela veut dire que ce ne sont pas des complémentaires.

 

 

 

 

 

 

 


CERCLE-CHROMATIQUE-Simple.jpg

 Exemple de contraste des complémentaires : Le pont de Westminster d’ANDRÉ DERAIN

Le choix arbitraire des couleurs est une des caractéristiques des « peintres fauves ».
Néanmoins, par ce moyen expressif, l’artiste a tenu compte des 2 complémentaires : vert-rouge et jaune-bleu.

DERAIN.jpg

 5°) LE CONTRASTE SIMULTANE
Le cerveau humain a ceci de particulier … (et que personne n’est encore arrivé à expliquer) qu’il recherche toujours son complément. Si cette couleur n'existe pas, le cerveau va créer simultanément la couleur complémentaire.
Je vous suggère de faire cette expérience en regardant une fraction de seconde dans un soleil couchant. Fermez immédiatement les paupières et mettez les paumes de vos mais sur celles-ci. Vous verrez une image rétinienne qui passera lentement du ROUGE au VERT.

Exemple ci-contre :
Le chasseur de chez Maxim’s de SOUTINE
Rythme des coups de pinceaux et couleurs vives essentiellement rouge et vert donnent une grande agressivité à ce tableau. Quand on sait que SOUTINE ne mangeait pas toujours à sa faim, on peut mieux comprendre cette représentation.

 

 

SOUTINE.jpg

6°) LE CONTRASTE DE QUALITE
Le degré de qualité c’est le degré de pureté ou de saturation des couleurs. Plus les couleurs en présence sont pures, plus la luminosité est grande. Pour obtenir un contraste de qualité, il convient donc de placer une couleur pure à coté d’une couleur « rompue ».
La couleur rompue ou ternie est obtenu par le mélange d’une couleur pure avec du blanc, du noir, du gris ou sa couleur complémentaire.

 

CONTRASTE-DE-QUALITE.jpg
 

 7°) LE CONTRASTE DE QUANTITE
Ce contraste de proportion est nécessaire du fait que chaque couleur de par sa position n’a pas le même « poids ». Il faut donc équilibrer la taille des surfaces en fonction de ces couleurs.

Pour cette taille, il convient aussi de tenir compte de la luminosité des couleurs mises en présence.

Les rapports pour les règles communément admises sont les suivantes :
JAUNE=9    ORANGE=8     ROUGE=6  VIOLET=3     BLEU =4     VERT=6

Ainsi, le rapport du jaune avec le violet est de : 9 et 3 ou 3 et 1 soit 3 carrés en bleu pour 1 en jaune
Pour l’orange et le bleu : 8 et 4 ou 2 et 1 soit 2 rectangles en bleu et 1 en orange
Pour le rouge et le vert : 6 et 6 ou 1 et 1 soit 2 surfaces identiques.
(Voir illustration ci-contre)
J’ai représenté ci-contre les poids correspondants en les répartissant sur le cercle chromatique. Pour avoir un tableau équilibré, il faut donc utiliser plus de bleu que de jaune, les autres couleurs étant sensiblement identiques.

CONTRASTE DE QUANTITE

Exemple ci-dessous de contraste de quantité : Noctambule d’EDWARD HOPPER
Il représente les choses telles qu’elles sont mais respecte néanmoins les rapports de quantité. L’utilisation des couleurs nous donnent une atmosphère étrange et irréelle

HOPPER

 En espérant que cette approche des couleurs vous permettra de mieux appréhender vos prochaines œuvres en participant à votre réflexion.
Je reste à votre disposition pour toute explication complémentaire.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Marie Lorgo 08/01/2016 15:24

Merci beaucoup pour vos conseils !

Nina 02/06/2014 23:49

Super!
Merci pour votre réponse. :)

Nina 01/06/2014 17:24

Bonjour,

j'ai voulu choisir une oeuvre au hasard (que j'aime beaucoup) afin d'essayer de mieux saisir ce concept de "contrastes".

J'ai choisi "portrait du paintre Paelick", de François-Joseph Navez.

Mais je n'arrive pas à cerner tous les contrastes. j'ai retrouvé celui de clair-obscur plus qu'évident et celui de chaud-froid.
Auriez-vous observé un autre contraste?

Bonne soirée.

JAIME 01/06/2014 18:42

Je ne signale pas dans mon article qu'il faut trouver tous les contrastes. En effet, selon le sujet traité, l'artiste va privilégier l'un ou l'autre des contrastes. Sélectionnez d'autres œuvres et vous trouverez d'autres réponses.

Nina 01/06/2014 17:25

"portrait du pEintre Paelick", veuillez m'en excuser.