--- LES BASES DU DESSIN ---
Dessiner, c'est errer dans l'espace avec un crayon.
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"LES BASES POUR BIEN DEMARRER EN PEINTURE A L'HUILE"
L’œil voit, le regard pense, la pensée touche.
Par cette citation nous devons comprendre que l’œil enregistre les couleurs, donc la lumière qui est transmise au cerveau. Cette perception est transformée, analysée et interprétée par le cerveau, puis traduite en émotion.
Tout objet est défini dans l'espace par 3 dimensions : la hauteur, la largeur et la profondeur. Pour retrouver cette dernière dimension, la profondeur, sur la surface ou nous allons dessiner, nous pouvons mettre en oeuvre plusieurs moyens et utiliser DIFFERENTES FORMES DE PERSPECTIVE.
Dessiner consiste à représenter sur une surface BI-dimensionnelle, un objet TRI-dimensionnels. Avec la perspective, nous « trompons » le cerveau en lui suggérant la profondeur qui n'existe pas dans l'épaisseur de la feuille de papier !
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Pour une bonne compréhension, naviguez et consultez ces articles dans l'ordre successif de la liste.
Préliminaire ou la théorie des « 2 cerveaux » :
Nous savons que l’image est enregistrée par notre système de vision, puis décodée par notre cerveau. Par contre, pour créer et dessiner une image, un autre chemin est mis en œuvre : une image est générée dans notre cerveau, puis dessiner par l’intermédiaire de notre main sous le contrôle de notre vision. Mais dans quelle partie du cerveau est générée cette image?
Dans son livre « Visualisation des images pour agir », mon ami François J. Paul-Cavallier* souligne dans la « théorie des 2 cerveaux », l’importance de la structuration de la pensée et de l’influence de l’esprit sur la réalité. Pour résumer ce que d’autres chercheurs** mettent aussi dans cette théorie, ils ont démontré qu’à partir des 2 hémisphères, lobe droit et lobe gauche du cerveau, des actions tout à fait différentes prennent naissance. A noter que c’est le lobe droit qui commande la partie gauche de l’individu et le lobe gauche qui commande la partie droite.
Lobe GAUCHE : il analyse, déduit, rationnalise. C’est le siège du verbal, du relationnel, du séquentiel et du symbolique. En somme, tout ce qui tient de la logique et de la critique.
C’est le dominant.
Lobe DROIT : il est plus rapide et plus complexe (partie plus développée chez les artistes). C’est le siège de ce qui est irrationnel, intuitif, émotif et où se génèrent les images et les rêves.
On l’appelle le dominé.
Ces 2 hémisphères interfèrent constamment et nous empêchent d’exploiter la totalité de nos possibilités pour nos aptitudes à dessiner. Il faudrait donc utiliser le potentiel du « cerveau droit » pour mieux réussir dans ce domaine.
Environ jusqu’à l’âge de 10 ans, aucun hémisphère est dominant, mais le « droit » est mis en jeu lors des premiers dessins. Il utilise tout naturellement la visualisation, la mise en espace par le tracé des contours : il évite les détails. Observez un enfant qui dessine une maison, un personnage : il va droit à l’essentiel.
A partir de 10 ans, la structure du « gauche » se développe grâce à l’apprentissage et les acquis scolaires. On commence à analyser d’une façon logique et rationnelle, ce qui commence à limiter le potentiel du « droit ».
Pour souligner cette prépondérance en évitant la symbolisation de nos acquis, faites faire le test suivant : prenez un dessin … même un peu compliqué et présenté le à l’envers avant de le reproduire. Vous serez surpris du résultat.
Pour mieux dessiner, il faut donc amener le « cerveau gauche » à capituler. Ce passage est certes difficile, mais vous permettra une meilleure évasion en dessinant, sans vous fatiguer par une grande concentration.
Dessiner d’une façon réaliste est important. Cette activité nous permet :
de « voir en profondeur »,
de regarder autrement … d’une façon différente,
de mieux libérer le geste … même pour d’autres activités.
* F. J. Paul-Cavallier : psychothérapeute et formateur pour améliorer et développer ses compétences.
** Betty Edwards, Itsuo Tsuda qui ont publié des livres sur ce sujet.
UN PETIT BOUT D'HISTOIRE :
Avant de voir le sommaire, petite histoire de l’évolution de la perspective dans le dessin et la peinture.
Cette représentation de la profondeur a été résolue de différentes façons au fil du temps. Initialement, le dessin définissait plutôt les contours.
♣ Pour la Grèce antique : premiers systèmes et théories décrites par Euclide, principalement basés sur la taille et la réduction des objets.
♥ Pour la civilisation romaine : première approche avec 1 point de fuite
♣ Ce n’est qu’à la fin du Moyen –âge, début du XIIIe siècle que furent « inventées » et définies les premières règles de la perspective.
♦ Vers 1400, les premières peintures de Giotto laissent apparaître certaines formes de perspective.
Formulées pour la 1ère fois par des artistes, mais surtout des architectes (Piero della Francesca, Alberti, Brunelleschi) les règles élémentaires : ligne d’horizon, et points de fuite vers lesquels convergent les lignes de fuite.
♣ Vers 1450, Léonard de Vinci complète et précise ces règles de la projection, ainsi que la théorie sur les variations de la couleur selon l’éloignement (perspective atmosphérique). Puis Raphaël synthétise toutes ces donnés.
◊ Vers 1500, Albrecht Dürer met en œuvre des systèmes pour simplifier les représentations : mire et plaque de verre posée verticalement, puis reproduction par quadrillage.
A première vue, ce croquis semble correct ... et pourtant en observant bien vous trouverez des erreurs. Si vous ne les voyez pas, revenez ici à la fin de la consultation des articles et refaites le test. Votre vision aura certainement changé. |
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Par opposition à la peinture ou plusieurs couleurs sont utilisées, le dessin est principalement effectué par l'intermédiaire de :
- crayon ou mine graphite, (voir compléments ci-dessous)
- encre de chine, (composition : noir de fumée + colle ou gélatine)
- fusain, (origine : baguette bois en saule, bouleau + carbonisation "combustion sans oxygène")
- sanguine (composition : pigment de poudre fine couleur ocre rouge + gomme arabique).
Les crayons ou mines en
graphite sont composés d'un mélange de poudre de graphite et d'argile (liant). Ce mélange est cuit au four. Ces crayons sont numérotés en fonction de leur dureté (encore appelé
"gradation").
La dureté est fonction de la proportion d'argile dans le mélange : plus la quantité d'argile est importante, plus la mine de graphite sera dure.
GRADATIONS :
- tendre et très noir : 7B 6B
5B 4B 3B
- tendre et noir : 2B B HB F
- dur :
H 2H 3H 4H
- très dur : 5H
6H 7H 8H 9H
Pour dessiner, il convient d'utiliser un minimum de 3 ou4 gradations différentes (voir en gras italique les gradations préconisées dans liste ci-dessus). Ces crayons seront utilisés pour :
Proposition : - HB pour les tracés
légers préliminaires,
- 4B et 2B pour les tons, ombres et aplats,
- 2H pour les détails et pénombres.
SUPPORTS DE DESSIN :
Le principal support utilisé est le papier à dessin. Allant du satiné au grains fins et grains moyens, on trouve le papier en plusieurs formats et grammage.
A noter que le papier de marque Canson comporte des grains fins d'un coté et moyens de l'autre. Il conviendra donc de privilégier un coté en fonction du sujet.
FORMAT DU PAPIER :
Le format international du « papier industriel » que l’on connaît par exemple sous l’appellation de FORMAT A4 n’est pas souvent utilisé en « art dessin ».
Les formats français « dessin » normalisé par l’Afnor, existent en multiples dimensions. La dénomination provient des temps anciens ou des filigranes figuraient sur ces papiers fabriqués à la main.
Les formats en gras rouge ci-dessous sont principalement utilisés en dessin. On trouve différents grammage pour chacun de ces formats.
Il convient de noter que la fabrication industrielle du papier aquarelle et autres papiers à dessin, a donné naissance à de multiples formats selon le fabricant. Ces formats se rapprochent plus ou moins des formats d’origine, qui eux de toute façon, variaient en fonction des conditions de fabrication.
Dénomination Format en cm Dénomination Format en cm
CLOCHE 30 X 40 POT 31 X 40
TELLIERE ? 34 X 44 COURONNE 36 X 46
ECU 40 X 50 COQUILLE 45 X 56
CARRE 45 X 56 CAVALIER 46 X 62
RAISIN 50 X 65 DEMI-RASIN 32,5 X 50
DOUBLE RAISIN 65 X 100 JESUS 56 X 76
SOLEIL 60 X 80 COLOMBIER 63 X 90
PETIE AIGLE 70 X 94 GRAND AIGLE 75 X 106
GRAND MONDE 90 X 126 UNIVERS 100 X 130
AUTRE MATERIEL NECESSAIRE :
D'autres outils seront à ajouter à cette liste : gomme normale et gomme mie de pain, règle graduée permettant de prendre les proportions (plus
facile d'utilisation que le crayon tendu à bout de bras) et une équerre/rapporteur, dont nous verrons l'emploi lors de la perspective linéaire.
Comme nous le verrons plus loin, le mètre pliant sera très utile ....... le marteau ... NON.
Perspective très simple à mettre en oeuvre. La superposition des éléments nous donne la situation dans l'espace (dans le sens de la profondeur)
Les arbres, par chevauchement sur les autres plans, définissent mieux la profondeur.
Les Embiez au Brusc
(Dessin de l'auteur, graphite sur papier Canson)
Dans l'exemple ci-dessus, le changement de taille des maisons donne la profondeur et influence la perception (situation dans la profondeur, du
plus près au plus loin, du plus grand au plus petit)
Mise en application en peinture :
Sans aucune ligne de fuite ou autre perspective, seul le changement de taille des feuilles de nénuphars nous précise la profondeur.
Mare aux nénuphars
(Huile de l'auteur sur papier toilé
42x56cm)
La réduction de l'espacement entre les objets, en même temps que le changement de taille, procèdent également à cette perception de profondeur. Dans l'exemple ci-dessus, à gauche, la profondeur n'est pas perçue, alors qu'à droite, le cerveau à travers cette vision interprète un éloignement successif des poteaux. La profondeur est mieux suggérée.
Nota : Nous verrons ultérieurement comment ce tracé est opéré.
Exemple de mise en application
Esquisse d'un pont : réduction des espacements des arches et de la rambarde nous influence sur le sens de la profondeur.
Le modelé est un des procédés utilisé pour définir les formes ou volumes "ronds" qui ne comportent pas d'arêtes vives, donc pas de lignes de fuite. C'est la lumière qui génère les ombres et lumières réfléchies. Souvent ces ombres vont apporter la meilleure information en étant facilement
interprété par le cerveau.
Il convient, dès le départ de représenter la direction de la lumière par la représentation d'une flèche en
perspective. Ici la lumière arrive de l'arrière droit.
Exemples de mise en application :
Dessin de l'auteur sur papier Canson 22 x 30 cm avec mine graphite "aquarellable"
DRAPE Dessin de l'auteur Graphite sur papier Canson 22 x 30 cm
LH = ligne d'horizon (là où le ciel touche la
mer) Correspond toujours au niveau horizontal des yeux. Ce niveau ne change pas, même en penchant ou en levant la tête.
Plan du dessin : c’est le plan vertical qui correspond à la surface sur laquelle on représente le dessin.
Nota : pour illustrer ce propos, une façon très simple pour dessiner … et tout le monde, sans le savoir, peut dessiner un objet en
perspective. Prenez un carreau en verre fixé verticalement (= plan du dessin) et sans bouger la tête dessinez sur la vitre l’image de l’objet que vous voyez au travers. Vous aurez une
illustration parfaite d’une bonne représentation de perspective.
Vous remarquerez que les dimensions et proportions du chemin et des arbres ne changent pas entre les deux illustrations. Par contre, le
feuillage commence maintenant au-dessus de la ligne LH. La surface du chemin, moins visible, est plus petite. Ce chemin sera réduit à une ligne lorsque l’observateur est couché sur le
sol. Il convient donc de respecter impérativement le rapport des dimensions et différentes proportions des sujets lors
de la mise en place de l'esquisse : la hauteur des yeux doit toujours être en rapport avec les autres dimensions.
Les 4 exercices qui vont suivre représentent le même sujet vu par un observateur dans des positions et placement
différents.
Le sujet
- Le niveau des yeux NY est représenté par une ligne discontinue rouge.
- Les lignes de fuite (lignes qui s'éloignent de vous pour aller rejoindre le point de fuite) sont représentées par une ligne continue rouge.
- La position de l'observateur est représentée par triangle rouge.
Exercice Observateur N° 1
L'observateur est debout au milieu du chemin, son niveau des yeux est à 1,70 m
Exercice Observateur N°2 :
Observateur debout, placé à 50 cm à droite du chemin, son niveau des yeux est toujours à 1,70 m
La surface visible du chemin est beaucoup plus importante.
Une grande parties de la hauteur des arbustes est en-dessous de NY.
EXEMPLE N° 5 :
Un autre exemple "intérieur d'une pièce" un peu plus concret.
L'observateur est debout et placé en face au milieu de la fenêtre. Son niveau NY se trouve à la hauteur de la croisée ce la fenêtre. C'est donc là que se situe le point de fuite PF. Vers ce point partent toutes les lignes de fuite, y compris les poutres du plafond, ainsi que celles du meuble situé contre le mur du fond.
Nota : Pour NY à 1,75 m, la hauteur sous plafond est environ de
2,80 m et la largeur de la pièce de 3,50 m = RESPECTEZ LES PROPORTIONS
Mise en application en peinture :
REGLES A RETENIR EN PERSPECTIVE FRONTALE
:
* les lignes horizontales restent parallèles
* les lignes verticales restent également parallèles
* les lignes qui s'éloignent de l'observateur (= lignes de fuite) rejoignent toutes le même point de fuite situé sur le niveau des yeux (sauf particularité pour les plans inclinés, sujet
traité plus loin)
* les lignes de fuite situées au-dessus du niveau des yeux descendent vers la ligne NY, et celles situées en dessous, montent vers NY.